B L O G

Guidage : pourquoi le BIM ne suffit pas ?

/images/blog/article-bim.png Février 2021

7 min

Maquette BIM ou cartes interactives

« Si je possède déjà une maquette BIM, pourquoi aurais-je besoin d’un Système de Gestion de Contenu de cartographie comme Mapwize ? »  

Cette question est parfois soulevée lorsque nous parlons à des clients potentiels. Les propriétaires ou gérants de bâtiments partent du principe qu’une fois qu’ils ont une vue détaillée de leur espace, ils ont tout ce qu’il leur faut pour aider les usagers du bâtiment à aller d’un endroit à l’autre. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Le Building Information Modeling a beaucoup d’utilités dans le cycle de vie du bâtiment  – mais pas celle de guider.

Le BIM, c’est quoi ?

Le plus souvent, quand on évoque un projet immobilier , on imagine une pile de plans superposés sur une table, ou des calques dans un fichier de CAO. Chaque page ou calque contiendrait un différent ensemble d’informations : par exemple, des indications concernant les murs et les portes, le schéma des fils électriques, les tuyaux de chauffage, ventilation et climatisation, et même des conceptions de systèmes de sécurité. Le BIM remplace la pile de plans d’étages habituelle. Un projet BIM fournit une description 3D entière d’un bâtiment, depuis le travail structurel jusqu’aux détails tels que les tuyaux d’arrivée d’eau chaude et les prises électriques. Le processus BIM réunit tous les plans d’étages et la documentation en un seul endroit, offrant ainsi un outil unique utilisable par tous – de l’architecte qui travaille sur la conception du site aux agents de maintenance qui font en sorte que tout fonctionne une fois la construction terminée. 

De plus, le BIM dépasse les limites d’un modèle papier. Plutôt que d’assembler un ensemble de lignes pour représenter les plans d’étages ou les directives sur les câblages, il modélise le bâtiment comme une série d’objets liés les uns aux autres. Chaque objet a une taille, une forme, un emplacement et un lien à d’autres objets au sein du bâtiment. Voilà ce qui rend cet outil si utile. Lors de la phase de construction, il facilite l’évaluation de l’impact que des changements à un endroit ont à un autre endroit. Il peut être utilisé pour générer des listes de matériaux et estimer des coûts. Il peut aussi aider à comprendre dans quelle mesure le bâtiment est durable. 

Qui utilise le BIM ?

En plus de fournir de nombreux bénéfices réels lors de la période de construction, le BIM peut aussi se montrer utile à la maintenance technique. Par exemple, quand il est temps de passer de l’étape de construction aux opérations standard, un BIM peut fournir une foule d’informations utiles pour aider les équipes de maintenance à se mettre au niveau. Au lieu de devoir vérifier physiquement ou de deviner comment les systèmes d’électricité et de chauffage, ventilation et climatisation sont installés, l’équipe de maintenance peut voir chaque détail sur une vue en 3D. 

Le BIM est également utile pour noter l’âge et le statut des matériaux de construction et des appareils, et pour identifier rapidement les défaillances lorsque quelque chose se passe mal. En cas de défaut électrique local ou de fuite, un ingénieur en bâtiment peut utiliser le BIM pour diagnostiquer la cause probable à distance. Cela permet d’effectuer des révisions et des réparations plus rapidement et à moindre coût. 

Est-ce que chaque bâtiment doit être modélisé en maquettes BIM ?

Au vu de ses bénéfices, le fait que tous les bâtiments n’ont pas de maquettes BIM peut surprendre. Le BIM a beau présenter des avantages, il comporte aussi de nombreux inconvénients : son implémentation prend du temps, il ajoute de la complexité, et il augmente les coûts de planification de la construction car il nécessite une plus grande charge de travail d’ingénierie, comparé à la façon habituelle de modéliser les bâtiments (modèles de CAO). La plupart des entreprises de construction utilisent le BIM lors de la phase de conception et de construction, actuellement. Cependant, elles le mettent de côté une fois le bâtiment opérationnel.

Pour ce qui est des bâtiments plus anciens, la probabilité que le site dispose d’un BIM est encore plus faible car créer un BIM à partir d’un bâtiment existant (appelé rétro-BIM) coûte cher. Tous les acteurs semblent s’accorder à dire que le BIM ajoute un coût au processus, et que ce coût n’est pas toujours compensé par les bénéfices immédiats. 

Quels sont les points faibles du BIM ?

Les visuels 3D du BIM et les fichiers de CAO sont très utiles pour gérer les données de référence d’un bâtiment (par exemple, les données qui restent stables dans le temps, telles que les murs, les portes, les systèmes de chauffage, ventilation et climatisation, etc.). Le BIM est conçu pour contenir de nombreux détails sur le bâtiment - bien plus que ce que la plupart des occupants ou visiteurs du bâtiment jugent utile. En fait, présenter un niveau de détail aussi sophistiqué peut s’avérer risqué sur le plan de la sécurité. Même pour les bâtiments qui ne sont pas considérés à haut risque, on hésiterait à fournir des informations qui pourraient être utilisées par de potentiels intrus ou terroristes. 

Si l’on met de côté la surcharge d’informations et les risques en matière de sécurité un instant, il reste un défi supplémentaire en termes de visualisation du BIM. Les BIM sont des fichiers lourds qui ne peuvent pas être visualisés simplement sur une interface mobile, Web ou à un kiosque d’information. Pour les rendre accessibles au grand public, il faut un autre outil, comme Mapwize, capable d’extraire le contenu pertinent et de le traiter pour le visionnage et la recherche. 

Concernant les données spécifiques aux affaires (des réservations de salles de réunion, par exemple) et les données en direct (telles que les données des détecteurs de présence), les BIM et modèles de CAO se montrent peu utiles voire inutiles. 

Pourquoi utiliser un Système de Gestion de Contenu en plus de votre BIM ?

Une fois votre bâtiment opérationnel, il vous faut pouvoir générer différentes vues de vos bâtiments pour chaque groupe d’utilisateurs, avec le niveau de détail et de sécurité adéquat. C’est là qu’un Système de Gestion de Contenu (SGC) consacré aux bâtiments intelligents, comme Mapwize, joue un rôle. Le SGC (ou CMS en anglais) prend les informations de votre BIM ou des fichiers de CAO de votre bâtiment et les livre dans un format facile à comprendre pour les occupants du bâtiment comme pour les visiteurs. Il évite de devoir recourir à des logiciels spécialisés et réduit radicalement la taille du fichier final.

Le Système de Gestion de Contenu de plans permet aux propriétaires et gérants de bâtiments de publier des cartes interactives personnalisées qui réunissent au même endroit les données de référence (entrées, pièces) ainsi que les données d’affaires et données en direct (réservations de salles). Bien que l’utilisation la plus fréquente d’un SGC consiste à fournir de simples cartes interactives aux visiteurs, aux agents de maintenance ou aux agents de sécurité, il offre réellement une fonctionnalité supplémentaire. Par exemple, avec un SGC, il est également possible d’utiliser les données du bâtiment pour optimiser l’utilisation des ressources (notamment le suivi du matériel médical dans les hôpitaux) et d’alimenter une visualisation précise des données du bâtiment (telles que le tableau de bord des performances des magasins dans les centres commerciaux). 

Grâce à un SGC, il est simple de visualiser les informations d’un bâtiment. Une fois que le propriétaire ou gérant du bâtiment a généré un plan interactif de son site, il peut la mettre à disposition sur son site Internet, sur une application mobile ou à un kiosque sur place. 

Peut-on avoir un SGC sans BIM ?

En bref, oui. Seule une petite partie des clients de Mapwize disposent de maquettes BIM. Tant que l’on a au moins des plans traditionnels des étages du bâtiment, il est possible de les utiliser comme base pour fournir de nouveaux services de cartographie interactive sans gaspiller du temps et de l’argent à élaborer un BIM. Ce qui importe vraiment le plus, c’est d’avoir des plans d’étages et des données du bâtiment à jour. Le format de stockage de ces données est une question secondaire.

Photo de Médéric MOREL

AUTEUR

Médéric MOREL, CEO & Co-fondateur

Médéric a 25 ans d’expérience dans le domaine des technologies de l’information. Il a écrit cinq livres sur les performances informatiques, l’architecture informatique et le management. Il intervient également régulièrement dans de nombreuses conférences internationales. Médéric est un expert reconnu dans le domaine des services numériques pour les bâtiments intelligents.